| SEPT
SIECLES DE COUTELLERIE
Les origines de cette activité six fois centenaire
restent relativement incertaines. Ce qui est sûr, c’est
que la Durolle a fourni pendant des siècles, l’énergie
pour actionner les meules des couteliers établis le
long de son cours dans de multiples «rouets».
La coutellerie, bien que prépondérante, voisinait
alors avec d’autres activités (la papeterie,
la tannerie).
Au début de ce siècle, seule subsistait vraiment
la coutellerie, laquelle employait alors jusqu’à
12 000 personnes. En 1945, on comptait plus de 600 entreprises.
Au cours de ce 20ème siècle, la coutellerie
thiernoise a déjà montré ses capacités
d’adaptation et de mutation : elle fut la première
vers 1930 à introduire l’acier inoxydable dans
la fabrication de couteaux et couverts et, plus tard, à
domestiquer les plastiques. Elle inventa aussi le plat inox.
AUJOURD’HUI…
Bien que Thiers reste la Capitale de la Coutellerie avec 70%
de la production nationale, cette activité traditionnelle
a évolué. Des restructurations internes se sont
opérées : constitution de groupes, rachats de
petites entreprises ou de marques par des entreprises plus
importantes.
La mécanisation et l’automatisation remplacent
la «culture coutelière» traditionnelle,
tassent les effectifs et modifient le profil des emplois ;
le professionnel doté d’un savoir-faire manuel
est supplanté par la machine et son mécanicien.
Le nombre d’entreprises, artisans compris, est passé
à 81 .Les effectifs employés ont fondu sous
les effets de la productivité et de la concurrence:
la coutellerie fait travailler actuellement environ 1320 personnes.
A côté des producteurs directs de couteaux (couteaux
de cuisine, couteaux professionnels, couteaux et couverts
de table, couteaux fermants, articles de cave..) cette profession
fait travailler des sous-traitants. Certaines entreprises
spécialisées dans la forge, le découpage,
le traitement thermique, la transformation des matières
plastiques, l’ emballage et des fournisseurs travaillent
en partie ou en totalité pour la coutellerie, ce qui
peut représenter encore quelques 300 emplois supplémentaires.
Ces entreprises sont plus ou moins spécialisées,
soit sur le plan commercial, soit sur le plan du produit :
il y a des spécialistes de la grande distribution,
comme il y a des spécialistes du couteau professionnel
ou du fermant.
Le couteau est aujourd’hui un produit de consommation,
c’est ce qui explique le recours aux plus grands designers.
Elle est encore bien présente sur le marché
national et s’exporte aussi aux quatre coins du monde.
Une part de la production est exportée essentiellement
vers les pays de l’Union Européenne et les USA.
Les entreprises confortent leurs positions en participant
aux principaux salons internationaux (Francfort, Gourmet Show…)
Afin d’aider au développement et à la
promotion de cette activité, une démarche SPL
(Système Productif Local) a été mise
en place sur le Bassin de Thiers. Ses axes d’action
s’étendent de la communication avec la création
d’un site portail, à la promotion sur les salons
internationaux en passant par des opérations dans les
domaines du marketing, de la veille économique, de
la technologie ou de la qualité.
LE TRAVAIL DES METAUX : LA
SOUS-TRAITANCE EN SYNERGIE
La fabrication d’un couteau nécessite la mise
en œuvre de procédés industriels très
divers. C’est ainsi que le développement de la
coutellerie sur la région thiernoise a entraîné
des activités de forgeage, d’estampage, de découpage,
traitement de surface et plus généralement de
tous les secteurs du travail des métaux. Avec l’évolution
des techniques et marchés, les entreprises spécialisées
se sont au cours des quarante dernières années
diversifiées vers d’autres marchés et
se sont engagées dans la sous-traitance. Les grands
donneurs d’ordre dans les domaines de l’automobile,
la manutention, l’aéronautique, les transports
… font appel aux savoir-faire des entreprises de Thiers
DES TECHNIQUES
COMPLÉMENTAIRES ET SPÉCIALISÉES
Ce secteur s’est développé
autour de deux axes :
Les activités de déformation des métaux
: forge (3eme pôle national), estampage, refoulement
à chaud, à froid, laminage, extrusion-filage,
découpage-emboutissage, traitement thermique. Une quarantaine
d’entreprises de tailles très diverses occupent
ce secteur, dont plus d’une douzaine de forges qui réalisent
des pièces de 1 g à 16 kg.
Les activités de mécanique générale
: usinage, outils tranchants, décolletage, tôlerie
fine, préparation des surfaces, polissage, traitement
électrochimique, soudure, … une cinquantaine
d’entreprises occupent ce créneau.
Les techniques complémentaires : traitement de surface,
peinture
Ces techniques, les industries thiernoises les appliquent
sur les métaux les plus sophistiqués : acier,
inox, alliages spéciaux, titane…
Les nouvelles techniques : CAO, CFAO, GPAO,EDI, flux tendus,
juste à temps, automatisation, robotisation, initiées
par les donneurs d’ordres, ont été intégrées
au niveau local.
LE RESPECT DE
LA QUALITE
Les exigences des donneurs d’ordres en matière
de qualité (recherche du zéro défaut)
ont lancé il y a une quinzaine d’années,
un vaste mouvement. La plupart des entreprises du secteur
se sont engagées à ce jour dans une démarche
qualité. Plus d’une trentaine sont certifiées
ISO9000. L’ISO 14000 est
aussi largement engagée
Le secteur du travail des métaux sur Thiers a su répondre
aux évolutions de la stratégie des donneurs
d’ordres. Privilégiant la notion de partenariat,
ceux-ci confèrent à leurs sous-traitants de
premier rang la responsabilité de la fabrication d’ensembles
et sous-ensembles de plus en plus complexes. La diversité,
la complémentarité des savoir-faire thiernois
permettent de répondre efficacement à cette
évolution, depuis la conception de la pièce
et l’ébauche jusqu’à la pièce
finie.
LA FABRICATION DE PRODUITS
PROPRES
Certaines de ces entreprises mettant
en avant leur capacité à concevoir des pièces
ont développé des produits propres :
accastillage, outils tranchants, outillage à main,
prothèses, outils chirurgicaux, articles de loisirs,
conteneurs, articles pour le secteur du bâtiment, pour
la maintenance.
LA TRANSFORMATION
DES MATIERES PLASTIQUES : UNE FILIERE
Le travail des plastiques a également pour origine
la coutellerie, avec la fabrication de manches de couteaux.
Comme pour le travail des métaux, l’activité
initiale s’est largement diversifiée et la coutellerie
ne représente plus qu’une part marginale de celle-ci.
Ce secteur s’est développé autour de plusieurs
techniques.
Injection des thermoplastiques
:
Ce secteur travaille essentiellement en sous-traitance pour
les grands donneurs d’ordres français et étrangers
(automobile, aéronautique, informatique, électroménager,
cosmétique, etc.…). Cette grande diversité
existe également dans le choix des matières
transformées (polyester, polyuréthanne, polyamide…),
dans les techniques de fabrication comme le surmoulage par
exemple, ainsi que dans la diversité des pièces
produites, ceci grâce à des matériels
performants (presses à injecter jusqu’à
1 500T)
Le thermoformage :
Du packaging (blister) au thermoformage de pièces de
grandes dimensions pour l’aviation, ce secteur travaille
également en sous-traitance pour les grands donneurs
d’ordres.
Étude et réalisation des moules
:
Le développement de la plasturgie
sur le bassin thiernois a provoqué la naissance d’une
douzaine d’entreprises spécialisées dans
la conception et la réalisation de moules d’injection
ou de compression. Elles emploient une centaine de salariés
et utilisent la CAO, DAO, CFAO.
Des entreprises leur apportent les compléments
techniques indispensables : traitement de surface (chromage
dur), préparation de surfaces et techniques de marquage,
assemblage.
Les activités
annexes :
Il faudrait également ajouter les activités
mettant en œuvre la transformation des matières
plastiques pour leurs propres besoins : fabrication de chaussures
et de bottes, fabricants de coutellerie.
Preuve de synergies développées
entre transformation des métaux et plasturgie, le bassin
thiernois s’est fait une spécialité dans
la technique du surmoulage d’inserts.
L'EMBALLAGE
Bois, carton, matière plastique, verre, métal,
le secteur de l’emballage offre une grande diversité
des matériaux mis en œuvre.
En aval du sciage, la fabrication d’emballage en bois
est très souvent intégrée à cette
activité : caisses, palettes et conteneurs apportent
en effet une valeur ajoutée supplémentaire.
L’emballage
carton regroupe deux types de fabrications :
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| • |
Le carton
ondulé (double, triple cannelures) concerne surtout
les objets lourds (caisses américaines). À
titre anecdotique, l’arrondissement de Thiers est
équipé de la plus longue onduleuse d’Europe
! |
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| • |
Le carton plat concerne surtout l’emballage
pour produits légers : écrins pour la coutellerie,
articles de papeterie et articles de bureau |
|
L’industrie du verre creux avec une
grosse unité de production de bouteilles, employant
plus de 500 salariés, est également bien représentée.
700 millions de bouteilles sortent chaque année des
lignes de production, elles sont essentiellement destinées
au secteur vinicole.
La plasturgie (voir fiche plasturgie),
est également présente dans ce domaine : thermoformage,
conditionnement pour la cosmétologie et la pharmacie.
À noter aussi la fabrication de conteneurs et palettes
métalliques pour la manutention d’objets pondéreux.
L’emballage n’est plus considéré
uniquement sous l’angle strictement utilitaire. Il est
maintenant partie intégrante du marketing produit.
Un soin particulier est apporté à sa conception
(analyse de la valeur, design…).
Des activités complémentaires
ont également vu le jour : marquage, dorure, gainage,
imprimerie.
L’exportation exige des emballages
spécifiques et le respect de normes strictes. Des entreprises
thiernoises ont acquis un grand savoir-faire dans le domaine
de l’emballage industriel
LES INDUSTRIES CONNEXES
HABILLEMENT
ET CHAUSSURES
Ce secteur emploie
environ 600 personnes : des unités sont spécialisées
dans :
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la confection de vêtements de
travail, |
| • |
la confection féminine, |
| • |
la fabrication d’articles en
cuir, |
| • |
la fabrication de jouets. |
| • |
la fabrication d’articles en
cuir, |
|
Le premier fabricant européen de chaussures et bottes
en plastiques s’est fortement développé
sur la région
BOIS
À proximité des massifs forestiers
des Monts du Forez, le bassin thiernois regroupe une trentaine
de scieries.
Une tendance à la spécialisation s’est
amorcée depuis ces dernières années.
Des entreprises sont spécialisées, par exemple,
dans les longueurs et les sciages spécifiques.
La nécessaire recherche d’une plus grande valeur
ajoutée a été un puissant facteur d’évolution
; c’est ainsi que les productions ont intégré
de nouvelles opérations (rabotage - séchage).
Plusieurs entreprises ont prolongé cette démarche
jusqu’au stade du produit fini (caisseries, palettes,
articles pour le bricolage...).
AGRO ALIMENTAIRE
Laiterie, fromagerie, charcuterie, salaisonnerie,
conserverie, trituration d’oléagineux sont les
activités représentatives de ce secteur implanté
dans l’arrondissement.
CONSTRUCTION
MÉCANIQUE
La présence d’une forte industrie
transformatrice des métaux a engendré la création
ancienne d’entreprises de construction mécanique
:
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| • |
machines-outils pour la
coutellerie, |
| • |
machines spéciales, |
| • |
spécialistes dans la maintenance
de grosses machines-outils, |
| • |
vases d’expansion, |
| |
machines pour l’industrie agroalimentaire. |
| Et aussi : |
| • |
carrosserie poids lourds iso thermique
et traditionnelle, |
| • |
vannes de régulation, |
| • |
éviers en inox ou matériaux
composites. |
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